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Moisissure dans la chambre : quels risques ?

Le résumé en 30 secondes

  • Une moisissure dans la chambre n'est pas qu'une tache : l'ANSES juge ses effets sur la santé respiratoire avérés, surtout l'asthme chez l'enfant et la rhinite allergique.
  • Les plus sensibles : nourrissons et jeunes enfants, personnes asthmatiques ou allergiques, âgées ou immunodéprimées. Pour elles, dormir dans une autre pièce le temps du traitement est prudent.
  • Ne nettoyez vous-même une petite tache que sans maladie respiratoire ni défenses affaiblies : gants, lunettes, masque FFP2, et jamais de javel mélangée à du vinaigre.
  • Puis supprimez l'eau qui la nourrit : aérer, décoller les meubles des murs froids, garder 40 à 60 % d'humidité.

Sélection faite par Rémi, de l'équipe Delair, spécialiste du traitement de l'air depuis 2006.

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Pourquoi la chambre est la pièce la plus sensible

Une moisissure de cave gêne peu : on n'y reste pas. Dans la chambre, c'est l'inverse. Trois raisons en font la pièce où une tache compte le plus.

On y passe sept à huit heures d'affilée, porte et fenêtres fermées, à quelques mètres de la tache.
On y produit de l'eau en dormant : la respiration et la transpiration chargent l'air toute la nuit.
C'est souvent la pièce la moins chauffée : les murs froids condensent, et la moisissure s'installe là.

Une personne au repos rejette 40 à 60 g de vapeur par heure (guide du CSTB), soit environ 250 à 500 mL d'eau par dormeur et par nuit.

Le problème est courant : selon l'ANSES, 14 à 20 % des logements ont des moisissures visibles. Les premiers endroits touchés sont derrière une tête de lit ou une armoire collée à un mur extérieur, dans les angles et autour de la fenêtre.

Ce que disent l'ANSES et l'OMS sur la santé

Les moisissures libèrent dans l'air des spores et des fragments. L'ANSES juge leurs effets sur la santé respiratoire avérés. Ils passent par trois voies.

  • L'irritation : nez qui coule ou bouché, gorge irritée, yeux qui piquent, toux, souvent plus marqués au réveil.
  • L'allergie : chez les personnes sensibilisées, rhinite et conjonctivite allergiques.
  • L'asthme, surtout chez l'enfant : l'ANSES juge le lien établi pour l'apparition et l'aggravation de l'asthme de l'enfant. Chez l'adulte, les données ne permettent pas de conclure aussi nettement.

Selon l'OMS, vivre dans un logement humide ou moisi augmente jusqu'à 75 % le risque de symptômes respiratoires et d'asthme. Les enfants y sont particulièrement sensibles.

On lit souvent que les « mycotoxines » rendent la moisissure de maison très toxique. L'ANSES est plus prudente : leur toxicité quand on les respire reste controversée, avec un niveau de preuve très faible dans les logements. Les effets bien établis sont respiratoires et allergiques.

Les personnes les plus sensibles

Tout le monde ne réagit pas de la même façon. L'ANSES et le guide du CSTB citent quatre profils qui demandent plus de prudence.

  • Les nourrissons et jeunes enfants : ils respirent plus vite et passent de longues heures dans leur chambre. Les repères propres au bébé sont dans notre article sur l'humidité dans la chambre de bébé.
  • Les personnes asthmatiques ou allergiques : la moisissure peut déclencher des crises ou augmenter le besoin de traitement.
  • Les personnes âgées ou qui ont déjà une maladie respiratoire.
  • Les personnes immunodéprimées (traitement qui baisse les défenses, chimiothérapie) : demandez l'avis de votre médecin avant même de traiter.

Pour ces personnes, dormir dans une autre pièce le temps du nettoyage et du séchage est la décision prudente. Ce ne sont pas elles qui nettoient.

Une toux, une gêne pour respirer ou un asthme qui s'aggrave à la maison ? Parlez-en à votre médecin et signalez-lui la moisissure. Il peut demander la visite d'un conseiller médical en environnement intérieur (CMEI).

Cet article informe et ne remplace pas un avis médical.

Repérer une chambre où la moisissure s'installe

  • Une odeur de terre humide ou de renfermé qui revient malgré l'aération, surtout en entrant dans la pièce.
  • Des points noirs sur les joints de fenêtre, dans un angle du plafond ou derrière un meuble.
  • Un papier peint qui se décolle ou une peinture qui cloque sur un mur extérieur.
  • Des vêtements ou une literie qui sentent le moisi malgré un lavage récent.

Regardez derrière les meubles adossés aux murs extérieurs et sous le rebord de la fenêtre, là où l'air ne circule pas. Un hygromètre qui affiche plus de 60 % chaque matin montre que la pièce reste trop humide. Si l'odeur persiste sans tache visible, notre article sur l'odeur de renfermé aide à trouver la source.

Nettoyer la tache sans se mettre en danger

Le nettoyage remet des spores dans l'air : c'est le moment où l'on est le plus exposé. Selon le guide du CSTB, vous pouvez traiter vous-même une petite tache à condition de ne souffrir ni d'une maladie respiratoire ni d'une baisse des défenses immunitaires. Sinon, confiez-le à quelqu'un d'autre ou à un professionnel.

1 Se protéger

Gants, lunettes et masque FFP2. Seule la personne qui nettoie reste dans la pièce, fenêtre ouverte et porte fermée.

2 Ne pas gratter à sec

Humidifiez légèrement la surface avant de frotter. Pas d'aspirateur ménager : il disperse les spores.

3 Détergent d'abord

Une éponge et de l'eau savonneuse. La javel diluée ne sert qu'à désinfecter ensuite, et l'ARS la juge rarement nécessaire.

4 Sécher complètement

Une surface nettoyée mais restée humide est recolonisée en quelques jours. Séchez, puis gardez la pièce sèche.

Ne mélangez jamais la javel avec du vinaigre blanc, un détartrant ou de l'ammoniaque : le mélange dégage un gaz toxique.
  • Un matelas ou un oreiller moisi, ou qui garde l'odeur, se jette.
  • Un papier peint ou une moquette très atteints sont souvent à remplacer.
  • Ne peignez jamais par-dessus une moisissure : elle repousse dessous.
  • Appelez un professionnel si la surface est grande, si l'eau vient d'eaux usées, ou si la tache revient malgré un bon nettoyage.

Supprimer l'eau pour qu'elle ne revienne pas

Sans eau, pas de moisissure. Nettoyer sans corriger l'humidité, c'est retrouver la tache au même endroit l'hiver suivant. Première étape : savoir d'où vient l'eau. Une condensation ne se traite pas comme une infiltration ou une remontée par le sol : voir notre article pour distinguer condensation, infiltration et remontée capillaire.

Dans la plupart des chambres, c'est de la condensation. Les gestes qui l'arrêtent :

  • Ouvrir en grand 10 minutes, matin et soir, même en hiver (RecoSanté).
  • Décoller les meubles des murs froids, d'au moins 3 cm (CSTB).
  • Ne pas faire sécher de linge dans la chambre.
  • Chauffer régulièrement plutôt que laisser la pièce glaciale.

Le bon repère : 40 à 60 % d'humidité, mesuré au réveil. Si le taux reste au-dessus après une semaine, le guide du CSTB conseille d'utiliser un déshumidificateur, fenêtres et portes fermées. Un modèle discret à taux réglable, comme notre 2 en 1 mode nuit, se règle vers 50 % et s'arrête seul. Les autres modèles adaptés sont dans notre collection déshumidificateurs pour la chambre.

Videz et nettoyez le réservoir du déshumidificateur régulièrement : mal entretenu, il peut lui-même devenir une source de microbes (guide du CSTB).

Un purificateur d'air ne règle pas le problème : il ne touche ni à la tache ni à l'humidité qui la nourrit. Les autres gestes propres à la pièce sont dans notre guide pour réduire l'humidité dans la chambre.

Questions fréquentes

Peut-on dormir dans une chambre où il y a de la moisissure ?

Cela dépend de la surface et de la personne. Pour un nourrisson, une personne asthmatique ou immunodéprimée, ou si la surface est étendue, dormir ailleurs le temps du nettoyage et du séchage est la décision prudente. Si des symptômes respiratoires apparaissent, parlez-en à votre médecin.

Quels symptômes doivent faire consulter un médecin ?

Une toux qui dure, une gêne pour respirer, des sifflements ou un asthme qui s'aggrave, surtout s'ils sont plus forts à la maison. Signalez la moisissure à votre médecin. En cas de difficulté à respirer, appelez le 15.

Une moisissure noire est-elle plus dangereuse que les autres ?

Rien ne le montre : on ne reconnaît pas l'espèce à sa couleur, et toutes se traitent avec les mêmes précautions.

Puis-je nettoyer la moisissure moi-même ?

Oui pour une petite tache, si vous n'avez ni maladie respiratoire ni défenses affaiblies, avec gants, lunettes et masque FFP2.

Pour aller plus loin

En résumé : nettoyer prudemment, puis supprimer l'eau

Les moisissures ont des effets reconnus sur la santé respiratoire : irritation, allergies et asthme, surtout chez l'enfant. Nourrissons, personnes asthmatiques, âgées ou immunodéprimées demandent le plus de prudence.

Une petite tache se nettoie protégé, au détergent, sans gratter à sec et sans jamais mélanger javel et vinaigre. Ensuite, aérez, décollez les meubles et gardez la chambre entre 40 et 60 % d'humidité pour qu'elle ne revienne pas.

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